Actes de sabotage : 35 jeunes de Bentenier jugés au tribunal de Mbour

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À l’audience départementale du tribunal de Mbour, 35 jeunes de la localité de Bentenier ont été jugés ce mardi 10 août 2021. Des faits de rassemblements interdits, de voie de faits, entre autres, commis dans la journée du 31 juillet dernier, leur ont valu d’être traduits devant la justice. Des actes de sabotage ont été commis sur des véhicules et des biens appartenant à autrui, par des jeunes qui entendaient exprimer leur colère après un accident sur la route qui a coûté la vie à un enfant du terroir. Dans leur fureur, les manifestants ont pris pour cible des gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions.

Les prévenus, dont une jeune femme, ont tous nié, devant la barre avoir participé à cette manifestation qui se voulait une occasion pour dénoncer la récurrence des accidents mortels sur la route, au niveau de leur localité. La jeune prévenue quant à elle, c’est l’utilisation de son téléphone sur le théâtre de la violence qui lui a valu ses déboires. Il est ressorti, en effet, des débats d’audience, que son tort était de n’avoir pas obéi aux agents qui lui avaient intimé l’ordre d’arrêter de filmer les manifestations. Un refus qui lui a valu quelques gifles et sa comparution.
Le représentant du ministère public, lui, n’a pas épilogué sur cette affaire. Après avoir requis une application de la loi, il a été succédé par l’avocat des mis en cause. Me Elimane Kane a déploré les actes posés par ses clients. « Ce sont ce genre de procès que les avocats n’aiment pas beaucoup », a-t-il déclaré dès l’entame de ses propos.

« Je ne suis pas mes clients dans leurs dénégations. Nous regrettons tous ce qui s’est passé. Nos clients ont été victimes d’une réaction spontanée. Je présente leurs excuses et demande la clémence du tribunal. Bientôt 15 jours en détention, nous présentons nos plates excuses et demandons la clémence de la justice », a plaidé Me Kane.
Pour son confrère, Me Fall, défenseur des intérêts de D. Dione, un des prévenus, dans cette affaire, les faits sont le fruit d’un accident survenu dans cette localité. Comme pour souligner des circonstances atténuantes et écarter toute idée d’association de malfaiteurs, il a signalé « qu’il n’y a eu ni organisation ni concertations préalables. Ce fut spontané. C’est cela le contexte! »

À l’endroit de la présidente du tribunal, il a précisé que les mis en cause « ne sont ni des délinquants ni des bandits de grand chemin ». Une raison pour lui de plaider « une application extrêmement bienveillante de la loi ».
Le tribunal départemental chargé de cette affaire a relaxé deux prévenus dans ce groupe avant de condamner le reste de la bande à une peine de 3 mois assortie de sursis. « C’est une peine d’avertissement », a indiqué le juge.

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